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Les pauvres mots que tu entends, pleins de fureur et de douceur, violents et touchants, frissonnant d’une tendre barbarie encore mal domptée, claquant dans la nuit comme des coups de feu, nous ont été légués par l’Histoire, avec son impitoyable brutalité coutumière, sa terrifiante démesure, son incrédible et pesant humour, par les spectres immenses que les siècles ont laissés dans l’espace, par ceux qui ont disparu derrière le temps, ceux qui n’ont pas été ensevelis, qui n’ont pas été dénombrés, ceux qui ont connu les bourreaux et ne les ont pas craints, qui ont résisté longuement aux persécutions et n’ont pas renoncé, qui ont payé le prix élevé pour le simple droit de rester homme Christophe Manon, Qui Vive